Butineries, à sauts et à gambades.

29 août 2016

Le grand petit palais

IMG_20160818_145738

Je me répétais depuis des années, sans mentir, qu'il faudrait que je fasse un tour au Petit Palais. Ecco fato depuis cet été.

Quel plaisir que de découvrir ce musée (gratuit pour tous) ! Les oeuvres présentées vont de l'époque médiévale au début du XXème siècle, mais je dois reconnaître avoir passé beaucoup plus de temps dans les galeries du XIXème siècle, comme un pendant au musée d'Orsay (surtout pour une sculpture de Mme Sabatier).

IMG_20160819_124913

J'y ai vu par exemple deux tableaux religieux de Gustave Moreau, assez surprenants, ou encore une immense réprésentation des Halles par Lhermitte, que je connaissais seulement en reproduction dans des livres. En outre, dans la galerie du XVIIIème, j'ai rencontré le buste de ce chenapan de Voltaire, que j'ignorais être ici. Ou encore un autoportrait de Rembrandt, surgissant au détour d'une galerie vide.

IMG_20160818_151242

IMG_20160818_153504

IMG_20160818_155519

Il faut prendre le temps de se balader dans ce beau lieu où la lumière occupe l'espace, où le parquet brillant donne envie de s'attarder. Dès l'entrée principale, on a envie de fureter entre les vases Art déco, et de profiter de ce moment un peu suspendu dans le temps... Les deux escaliers opèrent un retour dans le passé, à l'heure d'une gloire parfois déchue.

IMG_20160819_123656

IMG_20160818_150024

IMG_20160818_150242

IMG_20160818_150141

J'aurais vraiment dû visiter le Petit Palais bien plus tôt, lui qui me narguait à chaque fois que j'allais voir une exposition en face, chez son grand frère.

Posté par Yuzu à 11:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,


13 août 2016

Love on the beat

Si vous avez l'occasion de passer par le centre Pompidou cet été ou après la rentrée, je vous conseille de voir l'exposition "Beat generation", ce mouvement qui s'étale de la fin des années 40 aux sixties aux Etats-Unis.

On sent particulièrement les échos du surréalisme dans les créations artistiques des uns et des autres (collages, associations incongrues, manifestations artistiques diverses, photos...). Je suis une férue de surréalisme, et pourtant, quelque chose me manquait. Je regardais certaines oeuvres avec un air de déjà-vu. Peut-être est-ce dû au fait que je n'ai jamais lu de Burroughs ou que le célèbre Sur la route de Kerouac m'a laissée de glace (je n'ai pas dépassé les cinquante premières pages).

[NB : autres images à venir]

Pour autant, j'ai beaucoup aimé le travail sur l'image et certaines photographies (dont une merveilleuse de Robert Frank dans la série Les Américains) m'ont beaucoup plu.

robert franck road

Côté scénographie, l'entrée est assez déconcertante car on ne sait par où commencer, mais c'est peut-être volontaire : le mouvement se voulait libertaire, à tel point qu'il a initié Woodstock. Sinon, il y a de nombreuses vidéos projetées sur des écrans disparates, des affiches, des photos, des montages...

Il faut reconnaître qu'il est difficile de réaliser un exposition sur un mouvement essentiellement littéraire. Rien que pour cette raison, il me paraît intéressant d'y faire un tour.

En outre, vous pouvez finir en passant par le forum de Pompidou, au sous-sol, pour voir la petite exposition "Ici ailleurs" consacrée à Louis Stettner, photographe encore vivant. J'ai aimé le rapport admirablement simple de cet homme à la photographie, mais surtout le grain fabuleux de certaines images. Il y a une part de poésie dans sa captation de la vie urbaine, des gestes des gens...

Louis-Stettner-pompidou

Posté par Yuzu à 14:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 mai 2016

Cette femme-là

Le dernier livre (peut-on parler de "roman" ?)  d'Annie Ernaux lui a pris des années. Des années de doutes, de rééecriture, de crainte de ne pas en voir le bout avant de mourir. Il retrace une époque de sa vie où elle découvre le désir, dans une France encore sclérosée et pleine de tabous. La jeune femme qu'elle a été et dont elle se souvient parfaitement n'avait pas conscience de ce qu'elle représentait aux yeux des autres. Elle découvrait une liberté toute nouvelle, un corps, le désir des hommes mais surtout d'un seul, jusqu'à l'obsession.

IMG_20160506_102128

L'écriture d'Annie Ernaux est faussement simple. On lit des mots crus mais qui ne sont pas cruels. Simplement justes.

J'ai lu ce livre en deux moments, car c'est comme être absorbé, happé par une vérité d'un autre temps. Je ne suis pas de la génération de cet auteur, et pourtant, je cerne grâce à elle ce que ma mère a pu connaître, ce que la génération de ces femmes a subi. En outre, le travail sur la mémoire, sur la narration, sur le moi qui évolue au fil des époques, sur le passé toujours présent, tout ceci me touche profondément chez Annie Ernaux.

IMG_20160504_221320

J'aimerais que cette femme-auteur puisse être récompensée à sa juste mesure : elle est bien plus que nobelisable, à mon humble avis, et mériterait ce prix bien plus que d'autres, aussi...

Si vous voulez découvrir l'oeuvre de cet auteur, commencez peut-être par La Place, La Femme gelée ou Les Armoires vides, par exemple.

 

Annie ERNAUX

Mémoire de fille

Gallimard

15€

Posté par Yuzu à 19:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 mai 2016

Le beau bizarre

Ces derniers temps, j'ai visité deux expositions volontairement tendancieuses et provocatrices.

Carambolages vanité

Il y a tout d'abord celle du Grand Palais, "Carambolages" : le but vraisemblable de cette rétrospective est annoncé dès la première salle. Il s'agit de réfléchir par association d'idée(s) d'une oeuvre à l'autre. Les liens sont parfois évidents (la main, le masque, la grimace, l'animal...), ou pas du tout. L'organisation des salles est judicieuse : on avance d'allée en allée, devant des oeuvres sans aucun cartel apparent. De fait, on est obligé de se laisser aller à la découverte, pour ensuite découvrir, sur les côtés et sur des écrans, les références des oeuvres que l'on vient de voir. L'effet de surprise fonctionne à plein de temps à autre, comme avec cette vanité réalisée avec des gants et des crayons. On se sent complices, aussi, en reconnaissant un Giacometti derrière une vitre.

Carambolages Giacometti

Carambolages mains

Carambolages masque

L'affiche choisie, ainsi que la publicité autour de l'exposition, cherchent à perturber alors que la provocation est finalement réduite, voire anecdotique. J'ai eu la chance de visiter le Grand Palais à une heure creuse (ou bien l'exposition n'a pas de succès ?), en fin de matinée. Pour vous changer les idées, ou bousculer vos habitudes, je vous conseille d'y faire un tour aussi.

 

Exposition Carambolages

Grand Palais

Jusqu'au 4 juillet

 

Ensuite, la seconde exposition, quant à elle, tourne véritablement sur la provocation : il s'agit de Nobuyoshi Araki au musée Guimet. J'ai découvert le travail de ce photographe compulsif, ne quittant jamais son appareil depuis 1965. Cet artiste travaille sur des thèmes récurrents : Yoko, l'amour de sa vie, morte en 1990; le bondage japonais; les fleurs; la mort; la femme... Dès les premières salles, on comprend la charge érotique de l'oeuvre entier d'Araki : les orchidées sont plus que suggestives. Je me suis laissée happer par ces fleurs, justement, mais progressivement, les images érotiques sont devenues répétitives, et leur provocation presque lassante : trop d'érotisme tue l'érotisme. Il est à noter que cette exposition n'est pas du tout appropriée pour de jeunes visiteurs.

affiche-araki


Cependant, j'admire la ferveur, la passion de cet artiste, qui allie les traditions japonaises à un regard neuf et très personnel sur l'autre, mais aussi sur le quotidien (il prend en photo chaque jour le ciel depuis son appartement). J'ai songé assez souvent à associer ces images aux livres de Yukio Mishima, ou bien à une démarche photographique de ce dernier, Ordalie par les roses (ouvrage rare).

mishima ordalie

Les photographies étant strictement interdites (je n'ai pas même pu prendre le nom d'Araki sur un mur avant d'entrer dans l'exposition proprement dite !), je reproduis seulement ici mon image préférée, utilisée aussi par Télérama : c'est un portrait de Yoko, le grand amour d'Araki. Les autres images étant beaucoup plus "sexuelles" (tapez simplement le nom de l'artiste dans Google images), j'évite de les poster sur ce blog.

araki_Yoko

Je ne peux pas dire que l'oeuvre d'Araki me touche vraiment, mais sa démarche est intéressante à plus d'un titre. Encore une fois, si vous désirez être surpris, et que vous aimez la culture japonaise, allez voir cette exposition.

Exposition Araki

Musée Guimet

Jusqu'au 5 septembre

Posté par Yuzu à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 avril 2016

"Il est grand temps de rallumer les étoiles"

On ne peut pas toujours expliquer à quoi tient l'émotion ressentie au cours d'une visite dans un musée. Bien entendu, mon choix d'aller voir "Apollinaire critique d'art" à l'Orangerie ne relevait pas du hasard, mais bien d'une affinité particulière avec ce poète. Pourtant, très vite, en retrouvant cet univers quasi familier pour moi, quelque chose s'est passé. J'ai oscillé entre attendrissement, nostalgie et admiration mélancolique...

En effet, j'aurais adoré rencontrer quelqu'un comme Apollinaire. Prétentieusement, et sans doute à tort, je crois qu'on se serait bien entendus : en regardant les photos du jeune homme, sa bonhomie affichée, et une certaine douceur sur son visage, j'ai souri du plaisir qu'il devait y avoir à converser avec lui. Il avait l'air joyeux, sympathique et modeste.

A travers l'exposition, j'ai retrouvé bien des souvenirs propres à ma formation : une critique d'art sur Picasso, de la période bleue, qui m'avait pris plusieurs semaines haletantes de travail, et valu une prestation orale à l'université. Ou encore, mon choix de passer un autre oral sur "Automne malade", avec ses "nixes nicettes". Ou encore de revoir mon vieux recueil Alcools en livre de poche, et d'y découvrir, ébahie, "Zone", "Saltimbanques" ou bien les poèmes à Lou, splendides.

Et puis il y a les amitiés d'Apollinaire, le fidèle : Picasso, le grand complice, malheureux d'avoir perdu si jeune Apollinaire après treize ans d'amitié; les Delaunay; Derain; le Douanier Rousseau; Matisse, Max Jacob... L'intelligence du poète se voit d'autant plus dans le regard du critique, pertinent, fin, prémonitoire, audacieux.

Apollinaire divan

Car Apollinaire était audacieux, en effet : en choisissant un pseudonyme féminin tout d'abord, et en jouant sur le travestissement; en écrivant des oeuvres érotiques, qu'il faisait lire à Picasso; en créant une pièce de théâtre délirante, Les Mamelles de Tirésias, pour laquelle il inventa le terme de "sur-réalisme" (alors en deux mots), que reprirent plus tard Breton et Soupault...

En outre, j'ai été profondément émue devant les toiles métaphysiques de Chirico, encore et toujours, sans vraiment savoir pourquoi. Entre autres, il y a la toile "prémonitoire" du profil d'Apollinaire avec une cible sur la tempe : ce dernier fut blessé exactement à cet endroit pendant la première guerre mondiale.  J'ai aussi découvert une toile magnifique de Picasso : en filigrane, on devine une copie d'une oeuvre de Le Nain, recouverte d'un travail de pointilliste. Je ne connaissais pas du tout cette peinture du grand maître, que j'admire de plus en plus avec les années.

Chirico Apollinaire

Au fil de la progression dans les salles, on voit Apollinaire changer quelque peu, prendre de l'embonpoint, être fou amoureux de Marie Laurencin ou de Lou, porter l'uniforme du soldat, collectionner les objets d'art primitif, demander à des artistes d'illustrer ses recueils... Et c'est toujours la même sensibilité, qui s'affine, se construit, avec passion. NB : Ses critiques d'art ont toutes été réunies dans la collection Folio.

J'en pleurerais presque de me dire qu'Apollinaire est mort de la grippe espagnole, affaibli par sa trépanation suite à sa blessure par éclat d'obus. Il disparaît en 1918, laissant derrière lui une oeuvre déjà colossale, portée par sa devise, magnifique : "J'émerveille".

 

Note : Il est interdit de prendre la moindre photographie de cette exposition, et, si vous y allez, sachez que les contrôles de sécurité prennent un peu de temps.

Posté par Yuzu à 19:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


19 avril 2016

De bric et de broc

broc

Quand je suis à la cantine, je demande toujours que l'on me passe le broc d'eau, et à chaque fois, je me dis que ce mot est tout de même bien étrange, avec son C silencieux et sa monosyllabe.

En effet, le TLF confirme mes interrogations : selon les époques, on prononce [bro] ou [brok], et j'apprends au passage que le C final de "cric" n'est pas censé se prononcer non plus... Seules des locutions du type "de bric et de broc", "cric-crac" ou "croc-en-jambe" sonorisent ce fameux son [k].

En outre, l'étymologie du mot est très floue. Soit il est d'origine grecque, et bascule en latin médiéval, via l'Italie et aurait désigné, entre autres, un encrier; soit il est d'origine latine, désignant un récipient avec un bec.

Je ne suis pas certaine que tout cela m'éclaire autant que je l'aurais souhaité sur ce mot étrange.

 

Posté par Yuzu à 12:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 avril 2016

I love Umi

Un nouveau restaurant japonais s'est ouvert dans le XVIIème arrondissement. Encore un, pensez-vous sans doute. Mais celui-ci s'avère être un véritable japonais, avec un atout supplémentaire non négligeable : tous les poissons sont bio, et la carte peut être modifiée selon l'arrivage.

Umi la salle

J'ai donc essayé plusieurs sushis et sashimis : daurade, sardine, seiche et oursin, crabe, thon gras, saint-jacques... Le tout glisse en bouche avec une grande onctuosité et l'on se repaît de chaque goût. Par ailleurs, on mêle à ces délices gastronomiques une belle présentation : les crevettes crues bio ressemblent à des papillons, et les assiettes sont des tableaux minimalistes.

Seiche et oursin

J'ai aussi voulu goûter des saveurs rares dans les restaurants japonais, comme les makis à la prune rouge (j'aime beaucoup mais c'est très particulier !), le tout accompagné d'un saké fruité plus qu'honorable. Enfin, la carte des desserts est réduite, j'ai pourtant goûté des moshis aux haricots rouges absolument délicieux car ils semblaient faits maison (une première pour moi !). Ceux-ci sont servis très généreusement, d'ailleurs.

California au saumon bio à droiteSushis thon grasSushis sardineSushis crevettes crues bio

Seul bémol, mais qui s'explique par la qualité des mets : l'addition monte vite. Il y a des menus intéressants surtout le midi, cependant, et des chirachis peuvent être une bonne initiation, moins onéreuse que de prendre des mets à la carte comme je l'ai fait.

 

Sashimis thon et saumonSushis omelette et saint-jacquesMoshi moshi !

 

C'est donc une adresse que je recommande chaudement pour les amateurs de bons poissons et de gastronomie japonaise. Attention, il y a peu de tables, la réservation est donc recommandée.

 

Umi

119 bis, rue Cardinet

75017 Paris

Posté par Yuzu à 12:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 avril 2016

Chantilly, oh oui !

Ce week-end, j'ai profité des premiers rayons du soleil pour vadrouiller dans le domaine du prince de Condé, c'est-à-dire à Chantilly. En voiture, depuis la région parisienne, on met environ quarante-cinq minutes. Une fois sur place, je vous recommande d'utiliser le parking attenant au château : c'est beaucoup plus simple, même si l'on doit s'acquitter de 4€ (tarif incompressible).

Ensuite, on se promène devant le dit château et l'on fait comme tout le monde : on pique-nique (un riz sauté au curcuma et au gingembre, pour ma part) en regardant les grandes lignes de l'horizon, avec la belle bâtisse en fond. L'herbe est grasse, l'endroit est idéal pour se préparer au périple de la visite. Des vendeurs de glaces (avec ou sans... chantilly) ont pignon sur rue à cet endroit.

 

IMG_20160403_142347

IMG_20160403_133748

IMG_20160403_133634

L'achat des billets se fait dans une toute petite annexe sur la gauche en entrant dans le parc. Il faut ensuite choisir son tarif : j'ai opté pour le cumul parc + château + écuries (17€). Il y a aussi la possibilité d'assister un spectacle en nocturne, ou bien de visiter le parc uniquement (7€ quand même). Dans le château, on découvre mille dorures et autres signes de richesse des Condé et des d'Orléans. La première pièce est très belle : c'est la librairie, aux ouvrages splendides, particulièrement bien conservés. Cette bibliothèque à deux niveaux est vraiment somptueuse. Pour le reste, je dois reconnaître qu'il y a un air de déjà-vu et que je n'ai pas été époustouflée. La visite s'achève relativement vite, et l'on rejoint le parc rapidement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IMG_20160403_143537IMG_20160403_143721IMG_20160403_143204

Celui-ci est immense, et on sent le génie de Le Nôtre : de belles lignes géométriques mettent en valeur l'espace, les jets d'eau, les statues, parsemés de ci de là. Vu du haut de l'escalier principal, le parc montre toute sa grandeur. On peut aussi s'y perdre, en rejoignant le jeu de paume par des sentiers détournés, ou bien en cherchant "l'île de l'amour". A cause de travaux et/ou du plan vigipirate, il faut ressortir par l'entrée principale pour rejoindre les écuries (on pouvait apparemment passer par le jeu de paume pour raccourcir le chemin, mais la grille est fermée).

IMG_20160403_142429

IMG_20160403_150551

IMG_20160403_151901

Les grandes écuries sont assez impressionnantes par leur taille, mais aussi par leurs locataires : de magnifiques chevaux dans leurs boxes accueillent les visiteurs dès que l'on passe la porte du musée du cheval. Ensuite, il faut passer difficilement par des portes trop étroites pour visiter les salles sur l"histoire du cheval, son évolution, sa place à Chantilly... Deux imposants bustes de chevaux trônent dans une cour pavée, depuis laquelle on peut entrer dans un amphithéâtre pour assister à un spectacle de dressage (j'ai décliné cette option).

IMG_20160403_154604

IMG_20160404_114448

Bilan de cette promenade : je suis contente d'avoir enfin visité ce site, mais je dois admettre que c'est plutôt cher payé pour ce que c'est.

 

Posté par Yuzu à 19:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 mars 2016

Playlist féminine

En ce moment, j'écoute plusieurs chanteuses aux univers ou aux voix caractéristiques.

christine-and-the-queens21

Sans surprise, il y a déjà Christine and the queens, qu'on ne présente presque plus. Je n'aime pas tout l'album, mais j'apprécie les rythmes saccadés, proches des battements du coeur, et les souffles que l'on peut entendre, parfois. Je peux me passer en boucle "Saint-Claude" et  "Paradis perdus", ses deux tubes. J'ai tout de suite envie de marcher au rythme des paroles, voire de danser en cadencé. J'avais vu un de ses concerts diffusé sur Arte. La prestation était belle, mais les interventions parlées de Christine un brin décevantes. Sans doute faut-il être dans l'ambiance du concert pour ne pas sentir ce décalage entre la profondeur des textes, et la légèreté des transitions entre les chansons.
Sinon, l'esthétique travaillée par la chanteuse androgyne me plaît et participe à ce succès. L'ambiguité est un atout, je trouve.


 

Jeanne Added

On retrouve d'ailleurs cette ambiguité chez une autre, c'est Jeanne Added. Française d'une quarantaine d'années, ayant vécu en Angleterre, violoniste de formation, elle explose depuis la parution de son album confidentiel, "Be sensational". La couverture est superbe, d'entrée de jeu. La voix de Jeanne Added ainsi que certains de ses airs ont quelque chose d'hypnotique, comme sur "A war is coming", par exemple. Une chanson plus ancienne tirée d'un EP me fait le même effet : "Little red corvette". J'aime beaucoup la discrétion, la pudeur de cette femme derrière des morceaux qui tempêtent, qui frappent, qui attirent... La plus belle de ses chansons est sans nul doute "Look at them", qu'elle a a interprétée aux Victoires de la musique.


 

jain-premiere-partie-caloge

Dans un autre genre, j'écoute aussi Jain, aux inspirations africaines très nettes, à l'énergie concentrée. J'ai entendu cette toute jeune femme lors de cette même soirée télévisée des Victoires. Bizarrement, je n'ai pas reconnu celle que j'avais vue en première partie de Yodelice. Là, sorte de révélation avec le titre "Come" : une présence réelle, un rythme entraînant dans lequel je me retrouve, un aplomb tout en douceur. Je découvre l'album progressivement. J'y entends des influences très variées, un travail sur les sons, mêlant boîte à rythmes, claquements de mains, instruments de bric et de broc, jeux avec la voix un peu éraillée... J'aime beaucoup "All my days", ballade aérienne sur laquelle la voix de Jain est enveloppante.


 

raphaele-lannadere

Enfin, en attente, il y a celle que j'adore depuis "Initiale" et que je trouve dans les meilleures artistes : elle se faisait appeler "L" mais a dû comprendre que ce pseudonyme était problématique. Il s'agit donc de Raphaële Lannadère. J'ai eu la chance de la voir en concert dès ses débuts (il y a déjà quatre ans), et de la découvrir grâce à Fip, me semble-t-il (je bénis cette radio depuis des siècles !). Son titre le plus connu est "Petite". L'album, plein de pépites aux orchestrations savantes et envoûtantes ("Jalouse"), aux textes raffinés, rendait hommage à Paris, par exemple dans "Château rouge", et créait un univers particulier, parfois étrange, quasi baudelairien.
Elle est enfin de retour, cheveux coupés courts, avec un nouvel album que je n'ai pas encore écouté vraiment. Son premier titre semble être "Sur mon île". Je savoure à l'avance l'idée de retrouver les sonorités propres à cette chanteuse, à la voix enfantine et sensuelle à la fois.


 

Finalement, toutes ces femmes sont mystérieuses, je trouve. Est-ce cela qui me plairait en elles ?

 

Posté par Yuzu à 18:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 mars 2016

Nisi dominum frustra

Dans les destinations surprenantes à faire en période hivernale, il y a l'Ecosse, et plus particulièrement Edimbourgh. J'y ai passé cinq jours que je qualifierais de vraiment dépaysants. A une heure trente de Paris en avion, on se retrouve dans un lieu plein de charme et très accueillant. Passés les premiers étonnements sur la simplicité des transports et les équipements (tout, je dis bien TOUT, est accessible aux fauteuils roulants; le wifi est gratuit dans le tramway et les bus...), on s'ébaubit de l'amabilité des locaux. Il y a toujours quelqu'un pour vous aider ou vous expliquer.

Autre exemple de cette amabilité et de la qualité du service écossais : dans les pubs, face aux multiples pressions aux noms inconnus, les serveurs font goûter plusieurs bières avant que l'on se décide. D'ailleurs, je tiens à signaler qu'outre avoir bien bu (non en quantité, mais en qualité),  j'ai très bien mangé : à la fois le fish & chips traditionnel, l'agneau local délicieux, des saucisses artisanales, de la cuisine indienne vraiment épicée, un restaurant turc d'un raffinement exquis, aussi...

Fish & chips

Agneau à la turque

Pub le Jeremiah

Burger dans un pub de Rose Street

Full breakfast !

Les musées nationaux, comme partout au Royaume-Uni, sont gratuits. J'en ai profité un peu pour voir un musée particulièrement surprenant, le National Scottish Museum : fait de bric et de broc, il recense tout ce qui a pu être trouvé dans le pays depuis l'ère préhistorique, mais aussi tout ce que des Ecossais ont pu rapporter. On passe des costumes inuits aux avions en tole, en passant par de la vaisselle ou bien des animaux empaillés. On se croirait dans la galerie de l'évolution au milieu d'un parc de jeux. En effet, ce musée était rempli de familles avec enfants : l'aspect ludique du lieu y est pour beaucoup.

 

IMG_20160227_121338

IMG_20160227_123833

IMG_20160227_124223

 

Bien entendu, le château étant l'incontournable des visites, j'y ai passé du temps. Il est impressionnant, dominant la vieille ville, mais je dois reconnaître que ce n'est pas mon lieu préféré. J'ai trouvé bien plus de grâce à Rosslyn Chapel, en banlieue édimbourgeoise (il faut prendre le bus environ 35mn). Comme je n'avais ni lu le livre, ni vu le film, je précise pour les novices comme moi qu'il s'agit de la chapelle dans laquelle se termine l'histoire de Dan Brown, Da Vinci code. Le lieu est vraiment plein de poésie et de mystère, fascinant par ses légendes et son histoire improbable. En pleine campagne, on se retrouve plongé dans un autre temps. Cette petite chapelle laisse songeur, je trouve.

IMG_20160229_121557

IMG_20160229_125440

IMG_20160229_130032

Sinon, juste se promener dans la vieille ville (classée en totalité au patrimoine de l'Unesco), et s'arrêter dans un des petits cafés sympathiques, ou encore dire hello à Bobby, le chien devenu symbole de la fidélité, cela suffit à passer de très bons moments à Edimbourgh. Pour le reste, les visites liées à la Reine mère (le Britannia et Holyrood Palace) sont, à mon sens, des arnaques : les entrées valent chères (entre 16 et 18 livres), et on ne peut rien voir sans aligner les pounds.

IMG_20160226_103738

IMG_20160226_142310

IMG_20160227_104842

IMG_20160227_134904

IMG_20160227_143258

La ville de Conan Doyle et Hume est donc une destination que je recommande, car on n'y songe pas forcément, alors que le dépaysement est certain, et qu'une véritable bouffée d'humanité là-bas requinque en quelques jours.

Posté par Yuzu à 17:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,