Il est des films dont on entend parler bien longtemps avant leur sortie en France, pour diverses raisons. Celui-ci, c'est parce qu'il était "oscarisable", enfin, pour Leonardo di Caprio. Il s'agit bien évidemment de The Revenant (remarquez que l'on garde enfin les titres originaux) d'Alejandro Inàrritu.

Etrangement, j'ai regardé récemment en DVD un autre de ses films, Birdman. Celui-ci m'avait particulièrement perturbée, non seulement dans sa façon d'être tourné, mais aussi par ses personnages, ses ellipses temporelles, et les questions qu'il soulève (le personnage est-il fou, ou bien le sommes-nous ?). J'avais eu un véritable coup de coeur pour l'histoire déjantée de cet acteur sur le retour.

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Ceci étant dit, je suis allée voir le monument de 2h36mn hier en étant assez impatiente mais aussi craintive : quand on parle trop d'un film, je m'en méfie un brin. Vous le savez sans doute, Di Caprio a enfin eu sa récompense, si longtemps attendue, et incroyablement retardée.

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L'histoire est relativement simple pour que je la raconte sans la déflorer : un groupe de trappeurs américains, revendant des peaux d'animaux dans un froid digne de la Sibérie, est obligé de fuir suite à une attaque d'Indiens. Glass, l'éclaireur (joué par Di Caprio), est par la suite blessé extrêmement gravement (chut, je ne dis pas comment !). Malgré les efforts de quelques uns, il est laissé pour mort dans la forêt et assiste, impuissant, à une véritable injustice... Son but sera de se venger; mais avant, il faut survivre.

Les paysages sont très beaux, très épurés, et l'ambiance, assez sombre, ne nuit pas au film. L'histoire, qui est réduite finalement au minimum (très peu de dialogues, le corps en souffrance, l'appel de la vengeance, l'appât du gain), permet de rester concentré(e). Cependant, je dois reconnaître que j'ai trouvé des longueurs à l'ensemble, et que la prestation de Di Caprio, même si elle est excellente, n'est pas la plus époustouflante de cet acteur. J'ai découvert tardivement ses plus grands rôles, mais j'ai été bluffée par son art de la nuance, son côté caméléon, sa capacité à endosser les rôles les plus difficiles (Roméo, Gatsby, le loup de Wall-Street, etc). Là, j'ai trouvé que son jeu était plus monocorde.

Peut-être que les légendes viriles de trappeurs ne sont pas non plus celles que je préfère, et que les péripéties sont trop "téléphonées" pour moi. Par ailleurs, deux ou trois détails ne m'ont pas semblés crédibles, ce qui m'a gênée pendant la projection. Enfin, il faut admettre une certaine violence à ce film (interdit aux moins de douze ans), qui ne me sied pas forcément.

Je n'ai donc pas été transportée, mais cela reste très subjectif. Je suis ravie que Leonardo Di Caprio ait enfin reçu une récompense à la hauteur de son talent, et j'admire son engagement sans faille pour préserver la nature, et dire le rapport profond que l'homme doit avoir avec celle-ci.

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