A chaque fois que je vois des toiles de Warhol, je me demande s'il s'agit d'une grande fumisterie ou d'un d'un véritable coup de génie. Cela a encore été le cas à l'expo Andy Warhol au Musée d'Art Moderne de Paris. J'en suis ressortie pas vraiment abasourdie ni mécontente.

Certains aspects de son travail me plaisent bien plus que d'autres, surtout quand on est du côté de l'engagement avec la série des chaises électriques ou bien les portraits de Mao. Ce dernier, dictateur de sa propre image, empêchait les artistes non officiels de s'exprimer. De fait, il n'y avait que son portrait d'autorisé (et d'obligatoire dans chaque maison, d'ailleurs). Warhol, en dupliquant celui-ci de multiples façons, a fait un véritable pied de nez à ce chef d'état autoritaire. Son portrait devient de l'art pop, troublant, coloré, bariolé, chaviré. J'aime cette mise en abime.

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En revanche, je suis moins partante sur la série des fleurs, par exemple. Mais cette légèreté ne nuit pourtant pas à l'ensemble, qui, finalement, est très cohérent. L'oeuvre qui m'a le plus plu, et celle que je ne connaissais absolument pas, est une série de 102 toiles commandées par des mécènes, envisagée par Warhol comme n'étant jamais visible en entier. Le regard se perd à l'infini dans ses peintures énigmatiques, où l'on voit ce que l'on veut (un loup de profil, une porte ouverte, une chaise, un phallus...). C'est beau, tout simplement.

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Il y avait aussi des films tournés par Warhol, en plan fixe, sur des amis, des personnages célèbres (Dylan, par exemple). Ensuite, il diffusait les images sur un rythme plus lent. L'effet est troublant : on attend que quelque chose se passe. L'objectif était d'offrir au regard du spectateur une image pour qu'il puisse "dévorer ses idoles" de façon plus simple et radicale qu'en courant après eux.

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J'ai eu un sourire jaune en voyant la boutique de l'exposition :  le merchandising, grand support du capitalisme et de la production en masse, a fait des boîtes Campbell des magnets à 4€, des carnets, des crayons...

Vous pouvez vous faire une idée sur l'oeuvre d'Andy Warhol jusqu'au 11 février au MAM. Je vous recommande fortement le billet coupe-file à 13,70€. A noter, photos interdites sauf dans lesdeux dernières salles.