Juste après avoir vu la comédie Stars 80 (cf. entrée précédente sur le blog), j'ai zappé et je suis tombée sur une perle, comme il y a en a quelque fois à la télé. J'entends la voix magnifique de Simone Signoret : il s'agissait de Mémoires pour Simone, film-documentaire de Chris Marker, datant de 1986, sur Signoret et ses engagement, ses convictions. Des images d'archives, des extraits de films, des interviews, composent en grande partie ce documentaire.

simone signoret couleur

J'ai toujours été fascinée par Simone Signoret. Je crois que mes plus grands chocs ont été de la voir dans L'Armée de sombres, et de l'écouter dans La Voix humaine, de Cocteau. Ce monologue d'une femme au téléphone, s'adressant à l'homme passionément aimé, est splendide et bouleversant.

J'ai donc vu presque la moitié du film de Marker, totalement happée, presque hypnotisée par cette femme au rayonnement incontestable et si sûre de ses engagements. Quand je l'écoutais parler (elle est morte alors que j'étais enfant, j'ai donc très peu entendu Signoret "en direct"), j'étais troublée par son élocution, oscillant entre certitudes et doutes. On entend sa pensée se dérouler, se reprendre, se corriger, aller jusqu'au bout après quelques incises... A la fois précise et indécise, Simone Signoret me semblait avoir une élocution proche de la mienne quand je pense à voix haute. Non pas que je me compare à une telle femme, mais c'est surprenant d'entendre quelqu'un et de se dire que, très certainement, nous sommes proches : c'est comme s'entendre parler en écho. D'autant plus que j'admire ses convictions et ses implications totales, entières, sans fioritures.

Dans ses témoignages, on entend par exemple qu'elle n'avait pas du tout conscience de sa beauté à l'époque de Casque d'or, et que c'était sans doute mieux ainsi. Pour ma part, je crois que, même vieillissante ou en surpoids (ce qu'elle évoque aussi, sans fard), je la trouve incroyablement belle.

Simone signoret vieille

L'intelligence et la passion de Simone Signoret transparaissent dans ce documentaire rare et saisissant. On y entend l'admiration de Marker pour elle, et j'ai eu l'impression que le spectateur que nous sommes, ne pouvait faire autrement qu'aimer Signoret la belle, si ce n'était déjà fait avant le visionnage.