Il y a des pâtissiers dont tout le monde connaît plus ou moins le nom, même quand l'on n'est guère "bouche sucrée'". Christophe Michalak en fait partie. Il faut dire qu'entre ses apparitions dans des émissions de prime time, sa propre émission quotidienne en fin d'après-midi, et ses livres qui se vendent comme des petits pains, il est difficile de ne pas le connaître. Le marketing est devenu aussi banal pour lui que de faire des gâteaux, apparemment. Sa marque de fabrique est un jeu sur la lettre K, qui termine son nom : "Mademoiselle K" pour une religieuse, le "Klavier" en chocolat, etc.

Pour moi, c'est d'abord un pâtissier, mais j'ai l'impression que l'homme d'affaires a pris le dessus.

Abonnée à sa page facebook, ainsi qu'à son compte Instagram, j'ai suivi ses dernières créations, et surtout la mise en place de sa première boutique parisienne, parfaitement située rue de la Verrerie, derrière le BHV. Ce week-end, j'ai enfin eu l'occasion de m'y rendre. On entre par une porte vitrée dans un espace exigu, blanc, quasi aseptisé. A gauche, le comptoir avec les gâteaux à acheter. Contre toute logique, ce sont d'abord les gâteaux à partager qui sont présentés, alors que les clients se tassent en file indienne jusqu'à la caisse, et cherchent à voir les individuels afin d'effectuer un choix. Plusieurs fois les vendeuses se sont entendu dire : "Euh... Je ne sais pas, je n'ai pas choisi ! Je ne vois pas..."

J'ai choisi (pour deux personnes) la religieuse au caramel beurre salé, la fameuse "Mademoiselle K", ainsi qu'un Kosmik (principe très astucieux de dessert en pot avec une cueillère incorporée) au yuzu. Sur la droite, se vendent aussi les produits estampillés Michalak (barres de chocolat en forme de prise "électrik" autour de 23€, tablettes de chocolat, guimauves, livres, etc mais je n'ai pu voir le prix car il fallait ressortir en jouant des coudes), et un réfrigérateur a été placé là aussi.

J'ai voulu déguster mes achats sucrés au cinéma. Pour tout dire, j'ai été déçue. Je m'attendais à être totalement bluffée, comme cela a déjà été le cas avec les desserts de Conticini, par exemple. Hélas, le Kosmik au yuzu n'avait rien d'exceptionnel et sa crème était un peu trop grasse à mon goût. Quant à la religieuse, elle était bonne, mais loin d'être renversante. Sachant que cette dernière est vendue 9€ et que tous les Kosmik sont à 7,5€, je m'attendais vraiment à autre chose.

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Ma critique paraîtra sans doute dure à certains, mais je crois que, parfois, il ne faut pas céder trop vite à l'appel des sirènes du succès. La comm', c'est bien, dans une certaine limite. J'apprécie aussi fort peu le fait de vouloir sortir un livre assez "facile" sur le principe, en choisissant son épouse comme photographe, et en prévoyant de le sortir à temps pour Noël. 

Michalak et sa femme

La boutique, qui paraissait spacieuse sur les vidéos de Facebook, est finalement très réduite et mal pensée (un comptoir en L sur le mur du fond aurait laissé plus d'espace pour les clients, par exemple; un affichage clair des desserts manque cruellement, etc). Certes, il est difficile d'avoir des boutiques vastes dans un tel quartier, je le conçois, mais n'aurait-il pas mieux fallu attendre un peu encore avant d'ouvrir avec trompettes et fanfares ce lieu ?

Au final, je le dis clairement, je préfère largement "la pâtisserie des rêves" de Philippe Conticini, au cinquième étage du BHV, donc juste à côté de... la "boutik" de Christophe Michalak. Pas très loin non plus, il y a "L'éclair de génie" de son camarade (et concurrent ?) Christophe Adam.

Puisque le choix s'offre à nous, autant choisir et comparer.