Durant le mois d'août, j'ai voulu m'attaquer à un mastodonte dans le genre romanesque : Les Bienveillantes de Jonathan Littell. A l'époque de sa sortie,  en 2006, l'ouvrage avait fait grand bruit, tant à cause de son sujet que de l'écriture de l'auteur.Non francophone, Littell a écrit son roman en français.

Littell

De ce que j'avais retenu à l'époque, c'est la narration et la période historique qui m'avaient attirée : ancien gradé nazi, Aue, le narrateur, raconte cette période par des analepses dans un ouvrage de neuf cents pages environ. Il revient sur la banalisation de l'horreur, et justifie, d'une certaine façon, ses actions. Ces mémoires partiels de Maximilien Aue fourmillent de références extrêmement précises, de subtilités sur le rapport entre les gradés nazis, de détails sur les massacres perpétués du côté du front de l'est, entre autres...

Pour être honnête, je patine autour de la page 250 depuis un mois : je m'attendais à un véritable récit plutôt qu'à un roman quasi historique. J'espérais être bouleversée par le visage découvert de l'horreur, bousculée dans mes fondements à cause du choix du héros-narrateur, presque autant que lorsque j'ai "visité" Auschwitz il y a des années... Malheureusement, je commence à tourner en rond et à me perdre dans les récits secondaires sur les mutations des officiers, ou les subtilités idéologiques des différents personnages sur le moyen de bien exterminer telle ou telle partie de la population. (Je viens de relire ma dernière phrase, qui sonne horriblement quand elle est isolée du contexte littéraire...)

Comme je sens la force indubitable de cette oeuvre littéraire, je sais que je la lirai jusqu'au bout, mais cela me gêne de "caler" autant sur certains passages. Peut-être devrais-je lire plutôt La mort est mon métier de Robert Merle (?). Si vous avez lu ces ouvrages, n'hésitez pas à commenter, merci !

Par ailleurs, on repense aussi forcément aux théories d'Hanna Arendt sur les origines du "mal", du totalitarisme et le roman de Littell donne envie, à mon sens, de les découvrir, de s'y replonger, de les approfondir.

Finalement, ce que je cherche, et me taraude depuis que j'ai "vu" Auschwitz sans pouvoir en parler pendant des années, c'est à définir ce que c'est qu'être humain, et où sont les frontières de l'humanité, et donc de l'humanité.