Allez savoir pourquoi, même si j'ai été hispanisante, il m'a fallu une piqûre de rappel pour ne pas écrire Velazquez, Velasquez. Cette douce piqûre se trouve au Grand Palais, en ce moment. La rétrospective est impressionnante et plutôt rare pour être notable. D'ailleurs, on entend beaucoup parler de cette exposition, à juste titre.

On ne peut pas dire que ce peintre du siècle d'or m'émeuve particulièrement, contrairement à d'autres qui sont capables de me bouleverser (Chirico, Bonnard, Van Gogh et j'en passe), mais je ne regrette pas ma visite. Pour utiliser un mot fourre-tout, je dirais que Velazquez est un peintre intéressant. J'ai pas mal appris sur lui, et je constate que je préfère les oeuvres de la seconde moitié de sa vie aux premières.

Heureusement, j'étais avec quelqu'un capable de m'expliquer la généalogie complexe des Habsbourg et la couronne espagnole, sinon j'aurais été perdue. En effet, la scénographie de cette exposition n'est pas convaincante : les explications arrivent tard, bien après les toiles, ou de façon illogique au fond d'une salle plutôt qu'à l'entrée de celle-ci. Le Grand Palais a fait mieux sur d'autres événements.
Donc, côté généalogie, on peut dire qu'il y a eu quelques soucis de consanguinité... Philippe IV semble avoir été le symbole de la déliquescence de la dynastie.

Velazquez philippe IV

Malheureusement, on ne peut pas prendre de photographies, et les appariteurs y veillent scrupuleusement. C'est dommage, car l'un des portraits du Pape Innocent X était déconcertant de réalisme. Le Pape lui-même aurait commenté son portrait ainsi : "Trop vrai !"

Velazquez pape

Sinon, le plus beau tableau de l'exposition est, à mon sens, parmi les plus célèbres : c'est la "Vénus au miroir". Le résultat est mystérieux et sensuel, et me rappelle étrangement "Olympia" de Renoir.

Velazquez ménines

Il manquait bien entendu "Les Ménines", l'oeuvre la plus commentée de Velazquez, et qui rendait Dali monomaniaque. Selon lui, l'homme au fond, tourné vers nous, était celui qui éteignait la lumière en partant... Dali a peint de multiples versions de cette oeuvre, mais, pour désacraliser tout cela, voici une version qui m'amuse beaucoup.

ménines playmobil