Récemment, j'ai vu trois films très différents, dont deux sur DVD et un au cinéma.

Je commence par le plus frais : Jupiter ascending des Wachowski, ceux-là mêmes de Matrix.

Jupiter-Ascending

Le film s'est imposé de lui-même par la présence d'un pré-adolescent. De moi-même, je n'aurais pas fait ce choix. Sceptique, donc, je signe pour deux heures de science-fiction. Outre les poncifs attendus du type "nous ne sommes pas seuls dans l'univers", et "des civilisations bien plus avancées existent quelque part", ou bien des scènes prévisibles, je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment. Les acteurs sont plutôt bons (on retrouve des têtes connues de séries comme Game of Thrones ou Prison break), le scénario pas imbitable. On est à la frontière entre le Cinquième élément et Matrix au niveau des décors et des combats.

Les noms des personnages mal intentionnés sont tirés de tragédies antiques, et cela ne m'a pas déplu, comme idée. L'acteur qui incarne le frère le plus mauvais est une vraie "gueule". Edward Redmayne sort du lot et est plus que crédible en jeune homme plutôt désaxé (c'est lui qui interprète Hawking dans Une brève histoire du temps). Quant à l'intrigue, elle tourne autour de la génétique et de la volonté de vivre éternellement...

Dans un tout autre genre, j'ai beaucoup aimé Philomena de Stephen Frears (2013).

Philomena affiche

Tiré d'une histoire vraie, la question de la filiation et de la recherche d'un enfant arraché à une fille-mère en Irlande est assez poignante. D'aucuns diront que c'est trop mélodramatique, mais je trouve que Frears, comme à son habitude, traite avec subtilité ce sujet. Les personnages sont finement ciselés, mais la palme revient à Judi Dench, absolument géniale en femme simple et déterminée. J'ai ri souvent des répliques à l'anglaise, et me suis émue bien plus souvent encore. Ce film est venu compléter une réflexion déjà entamée par le visionnage de Tel père, tel fils de Koreeda (2013 encore), même si les cultures asiatiques et anglaises sont aux antipodes.

Judi-Dench-in-Philomena-010

Enfin, j'ai regardé hier soir Palo Alto de Gina Coppola (2013). C'est le plus sombre des trois, sans conteste. Il n'y a que peu d'intrigue, mais elle tourne autour du quotidien de jeunes lycéens de la haute bourgeoisie américaine, qui s'ennuient tant qu'ils se droguent, boivent, couchent (on ne peut aucunement parler d'amour) et ont un mal fou à communiquer simplement et honnêtement.

palo_alto-2

En dehors de la famille Coppola,  celle de Val Kilmer était aussi très présente. Il joue d'ailleurs lui-même un second rôle assez fantaisiste de beau-père, mais c'est son fils Jack qui est vraiment convaincant en adolescent tourmenté au visage angélique. Quant à l'actrice principale, Emma Roberts, nièce de Julia, il n'y a rien à redire.

Ce film m'a parfois mise mal à l'aise, je dois le reconnaître. Le vide existentiel de ces jeunes gens fait mal à voir. On sent que Gina Coppola s'est beaucoup inspiré des films de sa tante, Sofia. Mais je ne sais qu'en retirer vraiment depuis hier soir, en dehors d'un certain malaise. Peut-être est-ce déjà là une grande victoire que d'atteindre un spectateur de la sorte.