Ce matin, avant toute chose, j'ai besoin d'exprimer ici ce que je ressens, de façon maladroite, perdue au milieu des centaines de témoignages qui existent partout sur la toile.

Depuis hier, je me demande quels mots vont être justes pour effleurer ce qui s'est passé. Au risque d'être grandiloquente, je m'y essaye malgré tout.

 

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Hier, nous étions plus de quatre millions de Charlie. Cela en fait, des casse-pieds.

Hier, je n'ai jamais pu atteindre la place de la République, et j'en étais ravie. La marée humaine qui m'entourait, oscillait entre sourires et gravité, entre applaudissements saccadés et silences.

Hier, lorsque la Marseillaise, comme un murmure, a ponctué notre marche au niveau de la Porte Saint-Martin, j'ai failli pleurer.

Hier, j'ai pu vivre les valeurs que je ne cesse de décrire et de défendre depuis des années en classe. De mercredi à vendredi, je vivais l'ironie tragique de façon insupportable; hier, c'était la force de la démocratie, le peuple en marche, capable de tout.

Hier, je n'ai ressenti aucune agressivité dans la foule, pour la première fois depuis bien longtemps.

Hier, les policiers français étaient applaudis, remerciés ou salués par la foule, du jamais vu.

Hier, le peuple s'est souvenu qui il était. J'ai crû que cela n'arriverait jamais encore.

Hier, j'ai été profondément fière d'appartenir à ce pays, plus que d'habitude.

Hier, nous nous moquions de la présence ou non des officiels, même si le symbole était fort. J'aurais aimé une trêve du côté des rabats-joie, l'espace d'une journée.

Hier, et encore aujourd'hui, j'ai des envies de pleurer, submergée par l'espoir fou que la France se ressaisit, se retrouve, enfin.

Hier, nous avons assisté à un événement extraordinaire, qui dépasse tout ce que nous avions pu imaginer : "la révolution des crayons", disent certains.

Aujourd'hui, et demain, je souhaite que nous n'oubliions pas cette journée historique.