J'ai envie d'évoquer ce que j'ai ressenti en allant du côté de Verdun, en octobre. Je n'avais jamais envisagé la région de mon enfance sous cet aspect. . . J'étais sans doute trop jeune pour que l'on me parle de la première guerre mondiale alors que j'étais en vacances, enfant, puis pré-adolescente. Pourtant, j'aurais aimé cela, je pense.

Donc, à presque quarante ans, me voici plongée dans la boucherie sans nom, dans la mémoire d'une région et surtout d'un pays.

Après un court passage sur les lieux de mon enfance, en regardant quand même le site de Varennes-en-Argonne (oui, oui, celui-là même de l'arrestation de Louis XVI), nous avons dîné à Sainte-Ménéhould, ville spécialisée dans le pied de cochon pané (que j'ai décliné).

 

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Nous avons commencé le lendemain notre périple sur la guerre, sans le savoir encore, par ce qui allait être le plus bouleversant pour nous : la butte de Vauquois. C'est la disparition d'un village entier, la nature qui dit les plaies et les panse encore, les tranchées. . .

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La météo semblait avoir été programmée pour nous : un froid humide, glaçant les os, comme pour comprendre vaguement ce que les soldats pouvaient avoir ressenti.

Dans cette brume immense et glaciale, nous avons poursuivi notre périple vers Verdun en passant par Morthomme, puis l'ossuaire de Douaumont, l'un des cimetières militaires sans fin, et la tranchée des fusillés...

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 Notre séjour s'est achevé sur Charleville-Mézières, la ville de Rimbaud. Auparavant, nous avons fait un arrêt au fort de Sedan, très impressionnant (c'est le plus grand d'Europe).

Pour être honnête, même si la région se déploie un peu plus dans le tourisme "grâce" aux commérations de 14-18, on ne peut pas dire que toutes villes soient très attractives. Il est difficile de trouver des commerces et des restaurants ouverts le dimanche et le lundi, par exemple. Verdun est une ville morte le soir. Je me dis que peut-être l'Histoire a eu un tel impact sur les gens et leur vie, que cela se ressent encore, comme une chape de plomb.

Disons que je comprends bien pourquoi Rimbaud fuyait Charleville dès qu'il le pouvait, à chaque fois que j'y retourne.

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Pourtant, je crois que le voyage en vaut la chandelle : il y a ce que l'on lit dans les livres, et ce que l'on voit, ce que l'on devine, ce que l'on reçoit violemment dans la tête. Par ailleurs, un week-end dans les Ardennes se veut dépaysant, et c'est souvent ce que l'on recherche, me semble-t-il, quand on s'éloigne de son chez soi.